Réponse courte : un certificat du secrétaire est un court document dans lequel un dirigeant atteste que des copies jointes des résolutions, des statuts ou des règlements de la société sont conformes, complètes et toujours en vigueur. Il transforme une copie tirée de votre livre des procès-verbaux en un document sur lequel une banque, un prêteur, un acheteur ou un registre peut se fier.
Au Canada, on parle souvent de copie certifiée conforme ou de certificat d’un dirigeant; aux États-Unis, de secretary’s certificate. Malgré son nom, il n’a pas à être signé par le secrétaire : un dirigeant ou un administrateur que le destinataire accepte peut certifier les documents, et dans bien des petites sociétés, c’est le président.
Quand on vous le demandera
- Pour ouvrir un compte bancaire ou changer les signataires. Au Canada, la banque doit conserver une copie de la partie de vos registres qui porte sur le pouvoir de lier la société (Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, art. 12).
- Pour conclure un prêt : le prêteur veut la résolution d’emprunt, les statuts et les règlements certifiés à la date de clôture.
- Pour acheter ou vendre un immeuble, lorsque l’avocat, le notaire ou la société d’assurance titres vérifie le pouvoir du signataire.
- Pour vendre l’entreprise ou accueillir un investisseur, parmi les documents de clôture.
- Pour déposer ou inscrire un document dans un autre pays.
Ce qu’il atteste
- Que la résolution jointe a été adoptée par les administrateurs ou les actionnaires le [date], qu’elle en est une copie conforme et complète, et qu’elle n’a été ni modifiée ni révoquée.
- Que les statuts et les règlements joints sont ceux qui sont actuellement en vigueur.
- Souvent, qui occupe quel poste, avec des spécimens de signature. Cette partie relève du certificat de titularité, et bien des documents combinent les deux.
- La date, ainsi que le nom, le titre et la signature du signataire.
Ce qui le rend fiable
Au Canada, la loi fédérale et celles de l’Ontario et de l’Alberta permettent à un administrateur ou à un dirigeant de signer un certificat qui énonce des faits figurant dans les statuts, les règlements ou les procès-verbaux; devant un tribunal, il fait foi de ces faits, sauf preuve contraire, sans qu’il soit nécessaire de prouver la signature (LCSA, art. 257; Ontario, art. 266; Alberta, art. 260). La loi fédérale vise expressément la copie certifiée ou l’extrait des procès-verbaux. En Colombie-Britannique, un administrateur, un dirigeant ou l’avocat de la société peut certifier un document, et la copie certifiée fait preuve de son contenu (art. 194). Au Québec, les documents qui doivent être authentifiés par la société peuvent être signés par toute personne autorisée (art. 39).
Aux États-Unis, cette tâche revient habituellement au dirigeant qui tient les procès-verbaux. Le Delaware exige qu’un dirigeant consigne les délibérations des assemblées des actionnaires et des réunions des administrateurs (§ 142(a)), et selon le Model Act, les règlements ou le conseil confient à un dirigeant la tenue et l’authentification des registres de la société (art. 8.40(c)).
Comment le préparer
- Utilisez le formulaire du destinataire s’il en a un; les banques et les prêteurs en ont souvent.
- Joignez une copie propre de la résolution signée, et non un projet, et comparez-la avec le livre des procès-verbaux.
- Vérifiez qu’aucune résolution ultérieure ne l’a modifiée ou révoquée avant d’attester qu’elle est en vigueur.
- Datez le certificat du jour de sa signature; la résolution conserve sa propre date.
- Conservez une copie du certificat et de ses annexes, en notant qui l’a reçu.
L’utiliser à l’étranger
Pour un usage à l’étranger, le certificat doit généralement être notarié, puis apostillé ou authentifié. Les étapes sont les mêmes que pour un certificat de titularité : le Canada délivre des apostilles depuis le 11 janvier 2024, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada et des gouvernements de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et de la Saskatchewan, et au Delaware, la Division of Corporations appose l’apostille sur les documents signés par un notaire du Delaware.
Modèle de certificat du secrétaire
Remplacez les crochets, joignez les documents en annexe, puis signez et datez.
- CERTIFICAT DU [SECRÉTAIRE] DE [DÉNOMINATION DE LA SOCIÉTÉ]
- Attestation : Je soussigné(e), [nom], [secrétaire / titre] de [dénomination] (la « Société »), atteste que :
- 1. Résolution : l’annexe A est une copie conforme et complète d’une résolution des [administrateurs / actionnaires] de la Société adoptée le [date], qui n’a été ni modifiée ni révoquée et qui est pleinement en vigueur.
- 2. Statuts et règlements : les annexes B et C sont des copies conformes et complètes des [statuts / certificate of incorporation] et des règlements de la Société, tels que modifiés et en vigueur à la date du présent certificat.
- 3. Dirigeants : [au besoin : les personnes nommées ci-dessous occupent les postes indiqués, et la signature figurant à côté de chaque nom est la signature authentique de cette personne : [nom, titre, signature].]
- Signature : Fait le [date]. [Signature], [nom], [titre].
Questions fréquentes
Le secrétaire doit-il le signer?
Non. Un dirigeant ou un administrateur que le destinataire accepte peut certifier les documents de la société. La loi fédérale et celles de l’Ontario et de l’Alberta permettent expressément à un administrateur ou à un dirigeant de signer un tel certificat. Dans une société à actionnaire unique, vous le signez vous-même.
Puis-je certifier une résolution que j’ai moi-même signée?
Oui. Le certificat confirme que la copie correspond au document original et qu’elle n’a pas été modifiée. Dans une petite société, la personne qui certifie est souvent aussi signataire de la résolution.
Le certificat du secrétaire est-il la même chose qu’un certificat de titularité?
Pas tout à fait. Le certificat du secrétaire atteste des documents, comme une résolution ou les règlements; le certificat de titularité atteste qui occupe quels postes. On les combine souvent dans un seul document.
Faut-il un sceau ou un notaire?
Le sceau est facultatif. Un notaire n’est nécessaire que si le destinataire l’exige, ce qui est courant quand le document servira à l’étranger.
Ce guide présente de l’information générale sur les registres d’entreprise au Canada et aux États-Unis. Il ne constitue pas un avis juridique. Les règles varient selon le territoire et changent avec le temps. Pour un conseil adapté à votre société, consultez un avocat, un notaire ou un comptable qualifié.
Sources
- Loi canadienne sur les sociétés par actions, article 257
- Loi sur les sociétés par actions (Ontario), article 266
- Business Corporations Act (Colombie-Britannique), article 194
- Business Corporations Act (Alberta), article 260
- Loi sur les sociétés par actions (Québec), article 39
- Delaware General Corporation Law, article 142
- Model Business Corporation Act (American Bar Association), article 8.40
- Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, article 12 (en anglais)
- Affaires mondiales Canada : la Convention Apostille au Canada (en anglais)
- Delaware Division of Corporations : apostilles et authentifications
